Comment comprendre les attaques MitM et leurs risques
Comprendre comment votre appareil communique avec d’autres personnes sur les réseaux peut s’avérer complexe, surtout lorsque les choses tournent mal ou que vous souhaitez vous assurer que vos données sont bien sécurisées. Les bases sont simples : connectez-vous par câble si vous êtes à proximité, ou utilisez le Wi-Fi ou un port Ethernet filaire. Mais dès qu’il s’agit d’Internet et de tous les intermédiaires (proxies, VPN, voire points d’accès non autorisés), c’est une toute autre histoire. Il ne s’agit pas seulement de se connecter ; il s’agit de savoir qui écoute et comment les empêcher d’espionner.
Le chiffrement est censé être le super-héros ici, une sorte de code secret qui protège vos messages des regards indiscrets. Mais les pirates ne se contentent pas d’attendre ; certains tentent de s’immiscer dans la conversation, se faisant passer pour vous ou pour le serveur. C’est là qu’entrent en jeu les attaques de l’homme du milieu (MitM).Elles peuvent écouter, modifier les messages envoyés, voire faire croire à votre navigateur que tout est normal alors que ce n’est pas le cas. Le plus compliqué ? Ces attaques peuvent être passives (se contenter d’écouter) ou actives : elles s’immiscent activement dans votre connexion, faisant croire que tout va bien tout en interceptant secrètement des données.
La configuration
En gros, pour qu’une attaque MitM fonctionne, l’attaquant doit s’immiscer dans votre communication. Une méthode assez courante, même si elle est assez évidente, consiste à se connecter à un point d’accès Wi-Fi gratuit aléatoire – par exemple, ces cafés ou aéroports qui proposent un « Wi-Fi gratuit » sans que personne ne s’en aperçoive. Je ne comprends pas pourquoi cela fonctionne si souvent, mais ces réseaux manquent souvent de sécurité, ce qui en fait un point d’accès privilégié pour les attaquants qui souhaitent créer un faux point d’accès et attendre que quelqu’un se connecte. C’est très facile pour eux, mais vous seriez surpris du nombre de personnes qui s’y connectent sans réfléchir.
Une autre méthode consiste à piéger votre appareil en lui faisant utiliser un proxy ou en le configurant pour accepter un serveur malveillant spécifique. Par exemple, s’ils parviennent à persuader votre appareil d’utiliser leur machine comme proxy, ils peuvent alors voir tout votre trafic, un peu comme s’ils espionnaient une conversation en s’asseyant juste à côté de vous. Et, bien sûr, votre FAI pourrait théoriquement être au courant, surtout s’il est malveillant ou compromis. Utiliser un VPN est censé masquer votre trafic, mais n’oubliez pas : votre fournisseur VPN devient votre nouveau FAI et donc celui qui a accès à vos données. Choisir un fournisseur fiable est essentiel, sinon vous risquez de passer d’un problème à un autre.
MitM passif
C’est le plus sournois. L’attaquant se contente d’« écouter » votre trafic chiffré sans altérer, collecter d’informations ni tenter d’identifier des schémas. Le chiffrement est ici d’une grande aide, car sans lui, il verrait tout comme le jour. Mais même avec le chiffrement, s’il est infiltré, il peut toujours récupérer des métadonnées ou, si vous n’y prenez pas garde, des données non chiffrées. N’oubliez pas : passif ne signifie pas inoffensif, mais c’est moins malveillant qu’une manipulation active de vos données.
MitM actif
Il s’agit du scénario le plus agressif. Dans ce cas, l’attaquant intervient activement, agissant comme intermédiaire, négociant des connexions « sécurisées » entre vous et le site web. Sur le papier, SSL/TLS devrait mettre fin à la plupart de ces problèmes, car les sites web utilisent HTTPS et des certificats signés par des autorités racines de confiance, stockés dans le magasin de certificats de confiance de votre appareil. Une fois la configuration terminée, votre navigateur vous avertira en cas de problème : il s’agit d’une fenêtre contextuelle d’avertissement concernant les certificats non valides ou non fiables.
Si le certificat ne fonctionne pas (par exemple, s’il est expiré ou mal signé), le navigateur vous avertit. Mais attention : certains attaquants tentent de piéger les utilisateurs pour qu’ils acceptent leurs certificats invalides, souvent en vous persuadant d’installer un certificat racine malveillant dans votre magasin de confiance. Dans ce cas, vos défenses sont pratiquement brisées, car l’attaquant peut se faire passer pour n’importe quel site que vous visitez, sans poser de questions.
Et voilà le plus étrange : parfois, malgré ces avertissements, les utilisateurs cliquent simplement sur « Accepter le risque » et continuent. C’est ainsi qu’ils obtiennent un accès complet à votre connexion soi-disant « sécurisée ».Le chiffrement ne protège alors que la partie entre l’attaquant et votre appareil, et non jusqu’au véritable serveur. C’est un peu comme faire confiance à quelqu’un qui se fait passer pour quelqu’un d’autre, ce qui contrecarre l’objectif même du HTTPS.
L’exemple le moins numérique
Pour faciliter la réception, imaginez l’envoi d’une lettre par courrier postal. La poste, comme Internet, transmet votre message. Mais le facteur ? C’est lui, le « MitM », capable d’ouvrir, de lire et même d’échanger votre lettre s’il le souhaite. On suppose que tout est en sécurité car la lettre est scellée, mais si le facteur est malveillant ou compromis, c’est la fin de la partie. La cryptographie est ici un atout : signer votre lettre pour prouver qu’elle provient bien de vous, vous permettant ainsi de savoir si quelqu’un l’a falsifiée.
Changer votre façon de communiquer, par exemple en passant des e-mails aux applications de messagerie chiffrées, peut faire toute la différence. Et pas seulement changer, mais choisir des réseaux et des services fiables. Car, au final, la meilleure défense consiste à ne pas laisser un accès facile à un attaquant.
Conclure
Les attaques MitM sont réelles et peuvent survenir en un clin d’œil, surtout sur un réseau Wi-Fi non sécurisé ou si vous ignorez les avertissements de certificat. Le chiffrement empêche la plupart des acteurs malveillants d’entrer, mais seulement si la configuration est correctement effectuée et si les utilisateurs prêtent attention aux signaux d’alerte. De plus, il est toujours judicieux d’être prudent quant aux réseaux et services que vous utilisez. Parfois, il suffit simplement de savoir où se trouvent les points faibles et comment les éviter.